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En tant que ministre de la Petite Enfance et des Infrastructures d’accueil, qu’est-ce que vous avez prévu pour ça ?
On a un plan sur 5 ans. D’abord, on veut répondre aux familles qui s’inquiètent de voir leur milieu d’accueil fermer parce qu’il est vieillissant. On doit donc investir pour rénover. On doit aussi les pérenniser en finançant, par exemple, le poste de directeur par des moyens publics. On doit aussi créer des nouvelles places. Pour ça, on va lever toute une série de freins soulevés par les porteurs de projets: échéances trop courtes pour finaliser les chantiers, coûts de construction qui se sont envolés, pénurie de matériaux biosourcés qu’ils sont tenus d’utiliser…
Enfin, dès l’année prochaine, on lancera un nouvel appel à projet pour couvrir l’ensemble du territoire avec 5.000 nouvelles places.
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On manque de places en crèche mais on manque aussi de personnel. Trouver une puéricultrice, c’est devenu compliqué. Pourquoi ?
Avoir une super crèche sans personnel, c’est effectivement problématique. Pour répondre à la pénurie, on doit commencer par rendre ce métier d’accueillant de la petite enfance plus sexy auprès de jeunes. Aujourd’hui, on a l’impression qu’accueillir les enfants, c’est un métier super pénible et pas valorisé. On doit vraiment redorer l’image de cette belle profession.
La deuxième chose, c’est qu’à l’heure où il y a plein de gens qui souhaitent se reconvertir professionnellement, on doit pouvoir créer des ponts pour toute une série de métiers qui pourraient mener plus facilement vers l’accueil de la petite enfance. Tout cela sans pour autant brader la qualité en matière d’accueil.
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Est-ce que les parents qui travaillent doivent avoir la priorité pour décrocher une place en crèche ?
Le système prévoit une priorité pour les familles qui travaillent mais aussi pour celles dont les parents sont en formation ou en recherche d’emploi. Ce qui couvre déjà un large pan de la population.
Mais à côté de ces places “classiques”, on doit assurer l’accès à un milieu d’accueil pour tous les enfants. On sait combien les 1.000 premiers jours d’un enfant sont importants. Ça va l’aider à trouver sa place dans la société, à avoir confiance en lui, à s’épanouir… On ne doit donc laisser personne au bord de la route.
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